ALIM-HUB · Préfiguration 2027–2028

2. Contexte et justification

Pourquoi La Réunion a besoin d’un nouveau maillon pour structurer, relier et transférer les connaissances.

2.1 Des transitions agricoles et alimentaires qui nécessitent une approche systémique

Les enjeux réunionnais ne peuvent pas être traités uniquement par filière ou par thématique isolée. Dépendance aux importations, vulnérabilités climatiques, pression sur les exploitations, enjeux de santé alimentaire, besoins de relocalisation, question de l’eau, de la biodiversité fonctionnelle, des ravageurs, de l’accompagnement économique et social : ces dimensions sont imbriquées.

Elles appellent une approche systémique de l’ensemble du système alimentaire, de la fourche à la fourchette, articulant production, transformation, distribution, consommation et action publique territoriale.

77 %Dépendance aux importationsOrdre de grandeur couramment mobilisé
6 282Exploitations en 2020Avec une forte pression sur le renouvellement
440 m²SAU par habitantUn contexte foncier contraint
9 PATDynamiques territorialesUne base forte pour l’approche alimentaire

2.2 Un écosystème d’accompagnement riche, reconnu et en constante évolution

Le territoire dispose d’acteurs solides et légitimes : RITA, CIRAD, ARMÉFLHOR, Qualitropic, Chambre d’agriculture, structures d’accompagnement, associations, collectivités, PAT, réseaux territoriaux. Leur travail est indispensable et souvent exemplaire. Mais une partie des connaissances reste encore traitée dans des logiques sectorielles ou institutionnelles qui rendent leur mobilisation difficile pour un utilisateur ayant une problématique multifactorielle.

C’est particulièrement vrai pour les référents de premier niveau, les collectivités ou les porteurs de projet cherchant un point d’entrée simple.

Ce qui existe déjà

  • Des références techniques issues des expérimentations.
  • Des ressources scientifiques et pédagogiques nombreuses.
  • Des réseaux d’accompagnement thématiques ou filières.
  • Des dynamiques territoriales telles que les PAT.

Ce qui manque encore

  • Une visibilité consolidée du qui fait quoi.
  • Une capacité à relier une problématique à une solution et à un acteur.
  • Une capitalisation structurée et mutualisée des retours de terrain.
  • Un niveau d’intermédiation entre production de références et appropriation.

2.3 Vers une infrastructure régionale de connaissances

Le projet s’inscrit dans un espace encore peu outillé : celui qui consiste à capitaliser, vulgariser, relier et orienter. Ce maillon intermédiaire ne remplace ni l’expérimentation, ni le conseil. Il permet au contraire leur circulation réelle. Il transforme des résultats, des méthodes ou des pratiques en ressources utilisables, relie des problématiques à des solutions et facilite le transfert entre pairs et entre réseaux.

Positionnement

Un positionnement pleinement cohérent avec la fiche 77.071

Le projet relève clairement de l’expérimentation au sens de la fiche 77.071 : il structure, capitalise et transfère des connaissances utiles aux acteurs du territoire, à partir de besoins réels et de démonstrateurs opérationnels.

Besoin

Un besoin d’orientation

Les utilisateurs ont besoin non seulement de contenus, mais aussi d’être orientés vers les bons interlocuteurs et les bonnes ressources.

Enjeu

Un besoin de capitalisation

Les retours d’expérience et les savoir-faire ne doivent plus dépendre uniquement des personnes qui les portent.

Un besoin de mutualisation

Les acteurs ont intérêt à partager une base commune au lieu de reconstituer chacun des briques isolées.

2.4 Un besoin croissant d’accompagnement de premier niveau

Les enseignements des travaux conduits dans l’évaluation Agripéi vont dans le sens d’un besoin de référent de premier niveau, capable de recueillir les besoins des agriculteurs et porteurs de projet, puis de les relayer vers les accompagnateurs pertinents. Pour jouer ce rôle, ces référents territoriaux doivent disposer d’une vision à 360° de l’écosystème, de ses expertises, de ses ressources et des solutions mobilisables.

ALIM-HUB ne prétend pas se substituer aux accompagnateurs. Il vise à leur donner un appui de lisibilité, de capitalisation et d’orientation pour renforcer la qualité du premier niveau d’accueil et la circulation des connaissances.

2.5 Une réponse pleinement cohérente avec les objectifs du FEADER – Fiche 77.071

La cohérence du projet avec le FEADER tient au fait qu’il ne se limite pas à produire des contenus. Il organise un dispositif de capitalisation, de structuration, d’orientation et de transfert, en s’appuyant sur les acteurs et les réseaux existants. Il renforce ainsi la valeur d’usage des connaissances et contribue à leur appropriation effective sur le territoire.